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Le point sur les intolérances alimentaires et le gluten

Date : 
Mardi 19 Mai 2015
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Micronutrition
Biologie
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Le système immunitaire humain est fait pour reconnaitre et rejeter les éléments extérieurs à lui. C’est la raison pour laquelle, quand on fait une greffe d’organe, il faut prendre des médicaments immunosuppresseurs, pour éviter le rejet .
Pourtant tous les jours, nous mettons dans notre corps des éléments étrangers : les aliments !
C’est grâce à la diversification alimentaire, mise en place par nos mères, à partir de 4 ou 6 mois, que notre système immunitaire a appris à tolérer les aliments.
On ne devient tolérant à un aliment que si l’on en mange et on peut perdre cette tolérance, quand on arrête d’en manger. On peut aussi devenir intolérant à un aliment si on en mange trop…
Cette capacité d’adaptation immunitaire est puissante, puisqu’elle permet aussi à la maman de tolérer dans son ventre pendant 9 mois, le patrimoine génétique du papa, pour donner naissance à bébé !
Elle varie d’un individu à l’autre et nous ne sommes pas tous égaux… La génétique a une bonne part de responsabilité, mais aussi l’environnement dans lequel nous sommes depuis même avant la naissance !

Le gluten est une des fractions protéiques de certaines céréales : le blé, le seigle, l’avoine et l’orge.
Il est composé principalement de 2 protéines : la gliadine et la gluténine aux propriétés viscoélastiques utiles en boulangerie pour la panification.
La gliadine est une grosse molécule, 25 000 Daltons.
Comme toutes les protéines, le gluten est fabriqué à partir des gènes de la plante.
Aujourd’hui, ce qui pose le plus de problème est surtout le gluten de blé, voire le blé en entier (en effet, le blé est constitué de gluten, mais aussi d’autres protéines comme des albumines et des globulines, mais aussi d’amidon et autres sucres et de lipides. Par ailleurs, il existe plusieurs espèces de blé, appartenant au genre Triticum)

Depuis que l’on cultive le blé (en  Europe, depuis le Vème millénaire avant JC !!!), l’homme a toujours essayé de croiser les souches en sélectionnant les meilleurs plants pour améliorer le goût, la résistance, la rentabilité... Ce processus s’est fait lentement sur de très nombreux siècles, ce qui a permis à l’organisme humain de s’adapter, c'est-à-dire de tolérer progressivement ces changements.
Mais depuis quelques décennies, le blé subit des modifications plus nombreuses et surtout plus rapides, avec l’apparition de nouvelles variétés, qui ne laissent plus le temps à notre système immunitaire de s’adapter : survient alors une intolérance ! D’autant plus grande que le contact est fréquent ou important !

Elle fait intervenir des anticorps de type IgE, elle provoque des réactions immédiates cutanées comme l’urticaire ou respiratoire comme l’asthme ou la rhinite ou encore digestive avec des douleurs, diarrhées, vomissements. Le diagnostic repose sur un prick test cutané fait avec des Ag insolubles anti gluten ou une analyse sanguine des IgE anti gluten

C’est une hypersensibilité de type IV, classée aussi parmi les processus allergiques. Elle met en jeu les cellules immunitaires et pas les anticorps IgE ; c’est une réaction immunologique retardée de la muqueuse intestinale. Les symptômes surviennent après plusieurs contacts avec la gliadine.
Elle est aussi connue sous le nom de maladie cœliaque.
Les symptômes sont souvent des diarrhées associées à une malabsorption des nutriments. Mais pas toujours !
Le diagnostic est fait grâce à une coloscopie et une biopsie qui montre une atrophie de la muqueuse intestinale. L’analyse sanguine révèle la présence d’anticorps spécifiques : Ac anti transglutaminases ou anti endomysium.

C’est une nouvelle entité qui comporte aussi des troubles digestifs de type diarrhée, douleurs abdominales, ballonnements…
Et qui peut s’accompagner de troubles extra digestifs : maux de tête, fatigue, douleurs musculaires ou articulaires…
La coloscopie et la biopsie, si elles ont lieu sont normales. L’analyse sanguine ne montre pas d’anticorps antitransglutaminases, mais des IgG anti gliadine déamidée.

En cas d’hyperperméabilité intestinale, la muqueuse laisse passer des molécules alimentaires (appelée antigènes), qui sont susceptibles de déclencher différentes perturbations dans l’organisme:

  • Des réactions immunitaires avec production d’anticorps de type IgG contre l’antigène correspondant (gluten, mais aussi toutes sortes d’aliments consommés régulièrement ou en grande quantité)
  • Des réactions non immunitaires : certains antigènes comme le gluten peuvent  se fixer sur les récepteurs des endorphines naturelles, empêchant celle-ci d’agir, ce qui peut déclencher des douleurs diverses (musculaires, articulaires… des vertiges … que l’on peut voir dans la fibromyalgie, la maladie de Ménières). On parle alors de gluteomorphine, qui est reconnue comme un peptide opioïde. La caséine des produits laitiers peut se comporter de la même façon et donner, lui, un autre peptide opioïde, la caséomorphine.

L’hyperperméabilité intestinale s’accompagne de troubles fonctionnels digestifs : douleurs abdominales, ballonnements, constipation ou diarrhée ou alternance…et de troubles à distance : douleurs articulaires, musculaires, maux de tête, acnée…
Il peut y avoir aussi des perturbations immunitaires, en dehors de la production des IgG alimentaires :

  • notamment des allergies vraies : on devient allergique aux pollens alors qu’on en l’était pas ! 
  • une vulnérabilité infectieuse: en particulier ORL (sinusite ou rhinite chronique, sensibilité aux gastroentérites, rhinopharyngites, angines…herpès…)
  • voire une sensibilité à développer des maladies autoimmunes, polyarthrite rhumatoide, hypothyroïdie, psoriasis…

L’hyperperméabilité intestinale peut aussi laisser passer des éléments bactériens de la flore intestinale, avec le risque de déclencher des processus inflammatoires se diffusant à l’ensemble de l’organisme : notamment au cerveau (vulnérabilité au stress, à la dépression) et au système cardiovasculaire (aggravation des hypercholestérolémies, de l’athérosclérose...)

Ainsi, le terme générique souvent utilisé « d’intolérance au gluten » regroupe divers troubles dont la prise en charge sera différente…. Il est donc important d’évaluer avec précision l’ensemble du problème posé avant de décider une éviction qui peut être lourde à gérer, notamment d’un point de vue social et qui ne résoudra pas forcément le fond du problème, en particulier s’il y a une hyperperméabilité associée…

Prochaine formation

  • Soirée officine : Troubles de l’immunité, faisons le point

    Public : Assistant en pharmacie, Pharmaciens
    Date : Jeudi 7 Février 2019, 19:00
    Lieu : Hôtel La Prairie, Avenue des bains 9 - 1400 Yverdon-Les-Bains

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