Formulaire de recherche

Lumière et rythmes circadiens

Date : 
Mardi 14 Octobre 2014
-
Luminothérapie
-
Par Audrey Charial

Lors d’une récente conférence au sujet des « Nouvelles approches dans le traitement des troubles des rythmes biologiques, du sommeil et de l’humeur », le Professeur et Docteur Anna Wirz-Justice, directrice du Centre de la Chronobiologie à l’hôpital psychiatrique de l’Université de Bâle a procédé à un rappel sur la chronobiologie et sur la régulation de notre rythme veille/sommeil.

L’occasion de passer en revue quelques points importants.

 


Apparue en 1729, cette discipline scientifique étudie l’organisation temporelle de tous les organismes vivants, des mécanismes qui en assurent la régulation (contrôle, maintien) et de ses altérations. Cette discipline traite essentiellement de l’étude des rythmes biologiques.

 

 

Le sommeil est induit par 2 types de régulation : homéostatique et circadienne.

Il a été observé depuis des siècles qu’il existe dans chaque cellule des gènes horloges responsables des rythmes circadiens endogènes. Chez l’homme, ce rythme endogène (en dehors de toute stimulation extérieure) est proche de 25 heures.

 

Les rythmes circadiens sont principalement contrôlés par la mélatonine, hormone de l’ensommeillement produite par la glande pinéale dès que l’intensité lumineuse décroit.

 

Le matin, la lumière est transmise aux noyaux suprachiasmatiques par la rétine via un groupe de cellules photoréceptives. Les noyaux suprachiasmatiques vont alors inhiber la production de mélatonine par la glande pinéale et réenclencher les mécanismes diurnes. L’exposition à des fréquences de lumière spécifiques supprime la production de mélatonine pendant plusieurs heures.

 

 

Ces rythmes sont importants dans la synchronisation de nos comportements habituels (alimentation, sommeil...).

Une désynchronisation du rythme éveil-sommeil peut être un facteur aggravant de divers troubles :

 

  • désordres immunitaires
  •  troubles de l’humeur
  • troubles cardiovasculaires
  • difficultés d’attention, de mémoire
  • pathologies chroniques comme la maladie de Parkinson, la schizophrénie, la bipolarité

 

Une exposition excessive à l'éclairage artificiel, de nuit, surtout dans certaines longueurs d'onde est aussi source de perturbations endocriniennes, situation « potentiellement cancérigène ».

 

Et, l'exposition au lever du soleil est un facteur clé de la synchronisation de nos cycles biologiques internes avec le monde extérieur.

Malheureusement, aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de s’exposer suffisamment à la lumière naturelle. Le rythme de vie de beaucoup de personnes les conduit à une privation continue de lumière, ce qui les rend plus vulnérables et implique souvent fatigue et somnolence. Afin de remédier à ce problème et de réguler l’horloge interne, il est possible de recourir à la luminothérapie.

 

 

La luminothérapie  consiste à s’exposer quotidiennement à une lumière artificielle blanche, dite « à large spectre », imitant celle du soleil. Son but est principalement de traiter les troubles associés aux dérèglements de l’horloge biologique interne.

Elle est aussi indiquée dans le traitement de la dépression saisonnière.

Le professeur Anna Wirz-Justice préconise notamment que :

 

  • les domiciles, bureaux et salles de classe devraient être éclairés à au moins 500 lux
  • les jeunes devraient porter des lunettes occultant les ondes bleues (celles des écrans) en soirée
  •  si on travaille sur un ordinateur avant d’aller dormir, il est essentiel avant de quitter son poste de transformer l’écran (à l’aide d’applications par exemple) en source de lumière rose ou orange pour contrebalancer la lumière bleue
  • les salons ne devraient pas être plongés dans l’obscurité quand on regarde la télévision
  • tout le monde devrait passer au moins 30 minutes en extérieur, de jour, quotidiennement

 

Dans certains cas, par contre, c’est l’absence de lumière qui sera thérapeutique. Par exemple, dans le cadre de manies bipolaires, on préconise de se plonger dans l’obscurité le plus souvent possible.

Différentes études ont fait le constat que l’éclairage et l’exposition dans les hôpitaux et centres de soin avait un impact considérable sur la convalescence des patients.

Les patients hospitalisés pour dépression auraient des séjours plus courts lorsque  leur chambre est exposée à l’est.

Dans une unité de soins intensifs, il a été constaté que les temps de séjour et la mortalité des suites de crises cardiaques sont nettement inférieurs dans des chambres ensoleillées.

De même, en améliorant l’intensité lumineuse dans les maisons de soins pour personnes âgées, on a pu constater un ralentissement du déclin cognitif, une augmentation du rythme des activités, une moins grande prévalence de dépression et une meilleure aptitude aux activités quotidiennes.

 

Plus d’informations sur la luminothérapie et les conseils pour bien choisir sa lampe sur le site .

 

 

 

 

Prochaine formation

  • Soirée officine : Troubles de l’immunité, faisons le point

    Public : Assistant en pharmacie, Pharmaciens
    Date : Jeudi 7 Février 2019, 19:00
    Lieu : Hôtel La Prairie, Avenue des bains 9 - 1400 Yverdon-Les-Bains

Partager cette page avec un ami

Merci de remplir les champs ci-dessous pour partager cette page avec un ami. Tous les champs sont obligatoires.

Vous
Votre ami