1. Le Caralluma
Le Caralluma est une plante dite «succulente», c’est-à-dire capable d’emmagasiner de l’eau dans ses tiges et ses feuilles. Cette plante était traditionnellement utilisée par les Indiens pour supprimer l’appétit, étancher la soif et augmenter la résistance durant les périodes de chasse. Dans la liste des plantes médicinales indiennes, le caralluma est classé comme un aliment. Il peut être consommé sous différentes formes : cru, cuit comme un légume ou mis en conserve. Il est également utilisé pendant les périodes de famine.
Semblable à un arbrisseau qui ne dépasse pas 30 cm de hauteur, le caralluma possède des tiges angulaires, épaisses de 1,5 à 3 cm, qui comportent des feuilles rudimentaires ressemblant à des épines. Ses fleurs en forme d’étoile, de couleur noire, pourpre, jaune ou rouge, apparaissent en été ou en automne. On utilise en médecine les parties aériennes.
2. Composition chimique des parties aériennes
- Glycosides de prégnane (caratubérsides A et B, boucérosides), de flavone, de mégastigmane.
- Lutéoline-4’-0-néohespéridoside
- Saponines
3. Principales propriétés pharmacologiques
Le caralluma est de la même famille que le Hoodia gordonii. Bien que son origine soit différente, son action coupe-faim est similaire. Les composés responsables de cette action semblent être les glycosides de pregnane. Ces principes actifs, abondants dans le caralluma, envoient un signal de satiété au cerveau et plus précisément à l’hypothalamus, responsable du contrôle de la faim. Le caralluma inhiberait également des enzymes impliquées dans la lipogénèse dont la citrate lyase.
3.1. Effet modérateur de l’appétit
Une étude clinique randomisée, en double aveugle contre placebo, menée sur des adultes (62 volontaires des deux sexes de 25 à 60 ans) en surpoids (IMC>25), montre l’action du caralluma (1g d’extrait sec hydroalcoolique de parties aériennes de caralluma per os/jour pendant 60 jours) sur différents paramètres : poids corporel, indice de masse corporel (IMS), tour de taille et de hanches, pourcentage de masse graisseuse, appétit. On observe des diminutions significatives (p<0,01) plus forte chez le groupe traité par rapport au groupe placebo :
- du tour de taille
- de l’appétit (diminution de 20% après 2 mois de traitement, figure 1)
Cette action modératrice de l’appétit serait due aux glycosides de prenagne.

Figure 1 : Evolution de l’appétit chez le groupe traité et le groupe placebo
3.2. Activité lipolytique
Une étude menée par le Laboratoire PhytoPrevent a permis de démontrer l’effet lipolytique du caralluma (Figure 2), en évaluant l’activité lipolytique d’un Extrait de Plantes fraîches Standardisé (EPS - obtenu selon le procédé d’extraction PhytoStandard) sur des explants de tissus adipeux en culture (ex vivo).
Protocole de cette étude :
- Traitement équivalent à 2càc/jour chez un individu de 90 kg.
- Durée du traitement : 10 jours
- Dosage des lipides excrétés (dans le milieu)
- Analyse morphologique des adipocytes

Figure 2 : Activité lipolytique de l’EPS Caralluma
Les résultats obtenus ont mis en évidence :
- Une augmentation de l’excrétion des acides gras de 92%
- Une diminution significative de la taille des adipocytes
3.3. Activité hypoglycémiante
Les extraits aqueux et alcooliques de plantes entières (voie orale) de Caralluma attenuata (250mg/kg) réduisent le taux de glucose dans le sang de rats diabétiques (P<0,001).
3.4. Activité analgésique et anti-inflammatoire
L’activité anti-inflammatoire a été évaluée par la mesure de la résorption de l’œdème (induit par la carragénine) sur des rats prenant par voie orale soit de la lutéoline-4-0-néohespéridoside (CA-1), extrait de Caralluma attenuata fraîche, soit de l’ibuprofène (figure 3)

Figure 3 : Résorption de l’œdème, induit par la carragénine
L’activité anti-inflammatoire de CA-1 est comparable à celle de l’ibuprofène.
4. Toxicité
Considérant l’utilisation répandue de caralluma comme légume et son utilisation dans la médecine indienne et qu’aucune toxicité n’a été rapportée dans la littérature, le caralluma est considéré comme non toxique.
5. Précautions d’emploi
Par manque d’études scientifiques, le caralluma est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants de moins de 12 ans.
6. Principales indications
• En rapport avec ses propriétés satiétogènes, lipolytiques et hypoglycémiantes :
- Accompagnement des régimes amaigrissants
- Cellulite
- Insulino-résistance, syndrome métabolique
• En rapport avec ses propriétés satiétogènes au niveau hypothalamique :
- Troubles du comportement alimentaire (hyperphagie)
Les propriétés thérapeutiques du caralluma dépendent d’un procédé d’extraction grâce auquel les actifs de la plante sont précieusement conservés pour être restitués dans leur intégralité et leur intégrité.